Boulimie-anorexie, le cycle infernal

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Ruth ArbiserPar Ruth Arbiser
Psychologue, psychanalyste, conférencière

Ce trouble majeur, le plus important des TCA (troubles du comportement alimentaire) par sa fréquence et sa gravité, affecte prioritairement les femmes, et apparaît dans 90 % des cas au cours de l’adolescence. Volonté de maigrir ou crainte de grossir, le résultat est le même : la malade adopte des comportements alimentaires pouvant aller jusqu’au décès. Malheureusement, les cas se multiplient.

Dans la boulimie-anorexie la nourriture devient un thème obsessionnel qui touche les deux sexes avec 87 % de femmes contre 13% d’hommes, et débute en général à l’adolescence. La boulimie (faim : limos, boeuf : bous), est officiellement rentrée dans la nomenclature psychiatrique en 1980, mais cette maladie était déjà décrite bien antérieurement, elle se caractérise par le fait d’avaler de manière compulsive une énorme quantité de nourriture (comme le ferait un boeuf) en un temps record, et se punir ensuite de ce manque total de contrôle par des vomissements (boulimie vomisseuse), par l’ingestion de diurétiques, de laxatifs ou par le fait de s’infliger des exercices physiques lourds, voire des périodes de jeûne, quand la boulimie alterne avec l’anorexie ( du grec «a» privatif, qui signifie absence, et «orexia», faim). Dans ce cas le sujet atteint de boulimie-anorexie tient une comptabilité très précise des calories ingérées et se pèse plusieurs fois par jour.
Chez la jeune fille anorexique le désir de tout contrôler s’inscrit dans un déni du corps féminin, puisque l’excès d’amaigrissement va effacer fesses et seins en rapport avec le déni de la pulsion sexuelle au profit d’une fixation uniquement orale, archaïque.

Les signaux d’alarme

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