Traitement du diabète de type 2 par la nutrition et les médecines alternatives

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Diabete therapies complementaires

par Chantal Raveau, docteur en pharmacie

Le diabète, une maladie aux conséquences graves, en constante augmentation dans les pays industrialisés, fait l’objet de nombreuses recherches. Une glycémie (présence de glucose ou sucre dans le sang) plus élevée que la norme admise est le signe de cette affection. On en distingue deux sortes : le diabète insulinodépendant, dit de type 1, lié à une déficience du pancréas (maladie auto-immune) survenant chez des individus jeunes et dont le traitement exige des injections d’insuline, le diabète de type 2 nommé le diabète de la maturité. Aujourd’hui, ce dernier est de plus en plus présent chez les jeunes adultes. De là à l’associer  à une surconsommation de produits sucrés (sous les formes les plus diverses et souvent cachées) il n’y a qu’un pas. La médecine officielle possède des armes efficaces avec les antidiabétiques oraux et les conseils nutritionnels. Les médecines complémentaires avancent d’autres moyens tels les plantes, les compléments alimentaires, les granules homéopathiques, les oligoéléments mais aussi l’alimentation. Selon certains médecins cette dernière peut agir seule d’une manière étonnante.

Causes, signes d’atteinte, examens médicaux

S’il est indéniable que l’hérédité constitue un facteur important, il est tout aussi exact que  les mauvaises habitudes alimentaires et comportementales aboutissent elles aussi à un dysfonctionnement du pancréas. Le taux de sucre dans le sang ou glycémie doit être compris entre 0,7 et 1,10 g/l. Entre 1,10 et 1,26 on parle de pré-diabète. Pour s’en assurer il suffit de faire une prise de sang à jeun.   De nombreux autres examens existent, l’un des plus connus est la mesure de l’hémoglobine glyquée (Hb A1C) qui permet de connaître les pics de glycémie dans les mois passés et ainsi de mieux adapter le traitement.

Nos cellules ont besoin de glucose pour fonctionner. C’est le principal nutriment pour les muscles, le cerveau, les nerfs et la rétine. Aussi la glycémie doit-elle être particulièrement stable. Le pancréas endocrine en est l’organe clé. Il sécrète deux hormones : l’insuline qui fait baisser le taux de glucose dans le sang et permet son utilisation par les cellules et le glucagon qui permet la synthèse du glucose quand le taux est déficient. On peut donc en déduire qu’un manque d’insuline est une des causes de diabète.
Toutefois une glycémie élevée procède aussi et très souvent d’une diminution de la sensibilité des cellules à l’insuline.  Le glucose ne peut plus alors pénétrer dans les cellules, même si la sécrétion d’insuline est correcte. On parle alors de résistance à l’insuline ou d’intolérance au glucose. C’est parce que les cellules graisseuses ou adipocytes sont beaucoup moins sensibles à l’insuline qu’il existe un lien important entre obésité et diabète. C’est la raison pour laquelle les patients diabétiques doivent impérativement surveiller leur alimentation et leur poids au risque de devenir insulinodépendants.

Les signes d’une suspicion de diabète qui doivent inciter à consulter sont : une soif intense, des urines fréquentes et abondantes, une prise de poids, un ventre proéminent, une hypertension artérielle, des infections (de la peau, des gencives, de la vessie) et un retard de la cicatrisation.

Le diabète et ses complications

Diagnostiquer le diabète à son début est d’une grande importance. En effet, un traitement global (nutritionnel, phytothérapique…) mis en place, le plus en amont possible, permet aux diabétiques d’éviter ou, à tout le moins, de limiter les complications «dangereuses».

La neuropathie diabétique : dès que le taux de glucose s’élève dans le sang, il s’élève aussi dans les nerfs qui, altérés, ne peuvent plus assumer complètement leurs fonctions. Conjointement à cette atteinte des cellules nerveuses, on observe une dégradation de la microcirculation avec une baisse notable de la sensibilité. Le patient ne ressent plus les douleurs, les brûlures…  Des plaies peuvent alors se former, difficiles à cicatriser et aboutir à un ulcère diabétique. Des troubles urinaires, une diminution de la force musculaire peuvent également survenir.

Le pied diabétique : il doit faire l’objet d’une surveillance scrupuleuse car son stade ultime est l’amputation. Le diabétique devra examiner ses pieds, les protéger et consulter à la moindre alerte.

La rétine : le diabète est une cause majeure de cécité dans les pays industrialisés. La rétine est gluco-dépendante. Elle est très vascularisée, donc doublement fragile. Le dépistage est aisé car les petits vaisseaux sont facilement observables par un fond de l’œil et une angiographie rétinienne.

Le rein : altération fréquente.

L’alimentation du diabétique :

La surveillance du poids est capitale. Le traitement de l’obésité est difficile. Il faut agir sur deux fronts, l’alimentation mais aussi sur l’état psychologique du patient (non abordé dans cet article).

Les glucides sont classés en deux catégories : les glucides rapides et les glucides lents. Plus un glucide est rapide, plus la glycémie s’élève rapidement et entraîne une sécrétion d’insuline. Des tableaux permettent de connaître l’index glycémique des aliments. Ils permettent de différencier les glucides rapides des glucides lents. Ces derniers peuvent être consommés à doses modérées par les diabétiques. L’index glycémique seul, n’est pas suffisant. La façon de cuire, d’absorber l’aliment seul ou associé, les variétés des légumes ou des fruits, toutes ces variantes ont une grande incidence sur le pouvoir hyperglycémiant.

Un seul exemple : une pomme de terre à la vapeur ou cuite au four ne présente pas le même index. Des chercheurs ont mis en avant d’autres index qui permettent de mieux cerner la valeur «sucrée» des aliments.

Une alimentation équilibrée est de règle, les sucres rapides éliminés, les cuissons trop longues raccourcies (privilégier les pâtes al dente, les fruits crus, les carottes râpées). Prendre un verre de vin au milieu du repas plutôt qu’isolé au début est mieux toléré.

En résumé il faut éviter les sucres simples et raffinés sous toutes leurs formes. Dès lors il convient de privilégier :

Les fruits crus entiers (à la place des compotes), les fruits surgelés (myrtilles), les fruits rouges, les bananes pas trop mûres.

Les légumes colorés : épinards, céleri, oignons, courgettes, aubergines…

Les féculents : al dente et en quantité modérée. Le riz brun complet, les pâtes complètes…

Les céréales complètes : pain complet, sarrasin, quinoa…

Les légumineuses : en quantité modérée tels haricots secs, lentilles, soja, pois, pois chiches.

Les protéines : viande, volaille, œufs, poissons, crustacées sans oublier les protéines végétales.

Les graisses : les graisses mono et polyinsaturée, comme l’huile d’olive, de colza, de noix et en particulier l’huile de coco.
Les noix : de toutes sortes.

Les épices : largement utilisées, elles font partie des remèdes et bien sûr l’ail, la cannelle, le gingembre, le curcuma, les oignons …

En revanche les graisses saturées d’origine animale, les produits laitiers, la charcuterie, la pâtisserie doivent être limités voire supprimés.

Diabète de type 2 et phytothérapie

Pour ce qui concerne ce type de diabète, de nombreuses plantes sont efficaces dès lors qu’elles sont associées à une diététique adaptée et à une activité physique régulière et indispensable car le muscle est consommateur de glucose.
Les épices
pour parfumer les mets sont des alliées efficaces. Citons La cannelle dont l’utilisation est aisée. Les plats sont aromatisés avec la poudre d’écorces. Elle est aantidiabétique et des études ont montré une diminution de la glycémie par son usage régulier. Elle est en outre anti-oxydante et aantibactérienne.

Le clou de girofle, le curcuma les feuilles de laurier permettent d’augmenter l’efficacité de l’insuline et diminuent son besoin par une meilleure assimilation des glucides.

L’oignon : Hypoglycémiant et il peut être consommé sous toutes ses formes s’il est bien toléré.

Le fenugrec: une épice de la cuisine indienne, ses propriétés antidiabétiques sont utilisées en médecine ayurvédique. Il améliore la glycémie et la tolérance au glucose. Il diminue le taux de cholestérol. Les graines sont réduites en poudre. Il est préconisé d’en prendre 5 grammes par jour, deux fois par jour, pendant trois mois. Le fenugrec est aussi utilisé en médecine chinoise, en suivant les règles du Yin et du Yang. Deux autres plantes chinoises méritent d’être citées : la graine de lycium (ou baie de goji) et le yam prescrits également suivant les règles de la médecine chinoise (MTC).

En MTC, certains aliments sont utilisés contre le diabète :

Le chou vert : doit être consommé sous forme de jus, ½ verre à moutarde 15 minutes avant chaque repas, ou sous forme de légume très peu cuit, au moins tous les deux jours.

La courge musquée, la pastèque, le soja jaune, l’épinard sont hypoglycémiants et sont indiqués toujours en suivant les règles de la MTC.

Les fibres végétales

Elles ralentissent la pénétration du sucre dans le sang et évitent les pics glycémiques. Il convient de retenir la cosse de haricot, l’ispaghul et le konjac.

Les plantes efficaces

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