Stress et cancer-conférence du prof Joyeux

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Stress

-conférence du Prof Henri Joyeux pour IPSN

Je suis cancérologue et je ne vais pas essayer de vous convaincre qu’on peut guérir du cancer sans une intervention chirurgicale, sans une chimiothérapie bien indiquée, sans une radiothérapie bien ciblée. Ce n’est pas mon propos, mon propos est aujourd’hui de vous expliquer la relation entre le stress et le cancer, car l’antistress peut être un remède contre le cancer.

Le stress existe partout dans notre société et encore plus quand nous sommes malades. Nous recevons de multiples agressions, du milieu familial, social, professionnel, personnel et aujourd’hui beaucoup de personnes sont en burn-out.

Le burn-out c’est une maladie du don, ça arrive à des gens qui se donnent trop, qui ne pensent pas assez à eux-mêmes, qui ne font pas attention à leur propre corps, à leur propre être. Nous ne sommes pas qu’un corps, nous sommes beaucoup plus que cela : un esprit, un cœur, une affectivité qui vient de la partie la plus profonde de notre être. Au lieu d’être assis sur ces quatre piliers, nous boitons.

Pour bien comprendre comment l’antistress peut agir contre le cancer, il faut bien discerner comment fonctionne le stress en nous. Pour l’un ou pour l’autre, le stress aura des conséquences différentes. Ces conséquences, nous les connaissons maintenant sur le plan scientifique. Elles sont cliniques, nous pouvons les voir, elles sont biologiques et elles sont compréhensibles par chacun d’entre nous. Si nous les comprenons, nous pouvons mieux les gérer.

Quand je demande à mes patients pourquoi pensent-t-ils se trouver avec un cancer, le plus souvent les réponses sont: « J’ai subi un choc émotionnel » ou « J’ai subi des stress importants toute ma vie professionnelle ou familiale». Il faut les écouter parce que la personne dit vrai.

Bien sûr, il n’y a pas que le stress qui en est la cause. Pour fabriquer un centimètre cube de tumeur du sein, par exemple, il faut huit années ; ce n’est pas un cambriolage, trois ans avant, ou la perte d’un conjoint qui puisse être coupable de telle ou telle localisation d’un cancer, il n’y a pas que cela. Il y a une dizaine de causes qui sont associés.

« Le cancer ne tombe pas de ciel » dit-on. S’il ne vient pas du ciel, il vient d’ailleurs. Il faut voir les signes et nous, les médecins d’aujourd’hui, nous sommes formés à faire des prises de sang, des scanners, des IRM et tout cela c’est juste, mais ce que nous n’apprenons pas aux jeunes étudiants c’est la prévention.

Les cancérologues sont débordés de travail et n’ont pas toujours le temps pour la prévention mais il commence quand même à savoir que le stress augmente le risque de récidive. Là, nous touchons du doigt un point essentiel.

Il y a des études faites sur des petits animaux. Si on greffe une tumeur cancéreuse sur le dos d’un petit animal on peut l’observer, suivre son évolution. Avec deux lots d’animaux – un lot « cool » d’animaux qui vivent paisiblement et un autre lot d’animaux stressés, angoissés par la lumière ou par le bruit – chez ceux qui sont stressés vous avez une augmentation de la croissance tumorale nettement plus rapide et statistiquement différente par rapport à ceux qui ne le sont pas.

Nous savons aujourd’hui identifier cliniquement le stress car il a des effets hormonaux. Quand vous êtes stressé le taux de prolactine par exemple monte au plafond. Si vous avez un stress chronique vous avez aussi un taux de prolactine qui est élevé régulièrement. Ce taux élevé de prolactine va réduire vos défenses immunitaires.

Comment gérer le stress ?

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