La sophrologie, l’anesthésique naturel contre la douleur

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par Samia Abdelmoumen

La douleur est un des premiers motifs de consultation médicale, à la fois un symptôme et une réaction du système neuro-végétatif par rapport à une agression; c’est une expérience sensorielle, affective et cognitive, un phénomène personnel que seule la personne qui le vit peut exprimer. L’aspect significatif de la douleur est l’effet de mémorisation, car toute douleur mémorisée a tendance à amplifier les douleurs suivantes, la personne devenant plus sensible.

La sophrologie s’est illustrée dans l’analgésie dentaire, la préparation aux douleurs de l’accouchement, la préparation à des interventions chirurgicales ; son efficacité sur les douleurs est reconnue au moyen d’observations et de résultats cliniques. Grâce à ses techniques adaptées, elle aide à mieux supporter ou à réduire la douleur, à rétablir un bien-être émotionnel pour permettre au cerveau de se reprogrammer progressivement.

Une fonction d’alerte et de protection

En 1979, l’Association Internationale pour la Douleur propose la définition suivante : «La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel, ou décrite en termes d’un tel dommage».

Sensation à la fois physique et émotionnelle, la douleur est caractérisée par sa localisation, son intensité et son évolution. Elle génère une émotion et induit une réaction différente selon les personnes qui va s’exprimer par le corps ou la parole (position, grimace, pleurs, cris, plainte…). Enfin, elle suscite une réaction mentale correspondant à notre façon de l’interpréter, de lui donner un sens, de la supporter, de l’ignorer…

Ces aspects sont indissociables. Afin de mieux comprendre la douleur, il est indispensable de prendre en compte sa cause physique ainsi que le ressenti physique et psychologique.

La douleur a une fonction d’alerte et de protection, elle nous avertit du danger et de la nécessité de nous soigner : elle est donc utile et protectrice. De courte durée, cette douleur dite aigüe disparaît dès que l’organisme a retrouvé son homéostasie : cicatrisation tissulaire, disparition de l’infection, consolidation osseuse…

Elle devient chronique, lorsqu’elle a perdu sa fonction et n’a aucune cause identifiée ou aucun mécanisme physiopathologique élucidé. Elle est difficile à comprendre et devient envahissante au point d’altérer la santé mentale et physique, elle engage l’être dans sa totalité. La qualité de vie s’en ressent, le caractère de la personne se modifie avec l’apparition ou l’augmentation de phénomènes anxiogènes, parfois une usure qui provoque un état dépressif.

Ces douleurs invisibles, non reconnues car non identifiées dans un cadre clinique, constituent une véritable souffrance qui enferme la personne.

La sophrologie, une alliée efficace

La relaxation se révèle être une méthode antalgique naturelle car elle agit sur la douleur par le relâchement musculaire et une meilleure oxygénation par le biais de la respiration diaphragmatique.

Quant à la sophrologie, elle agit sur les symptômes douloureux et sur les facteurs d’amplification que sont le stress, les pensées négatives et les comportements inappropriés. La relaxation dynamique va permettre de restaurer la dimension psychocorporelle de la personne souffrante dont la perception du corps est douleur. Elle permet de développer une perception positive du corps par la respiration diaphragmatique, par les exercices de contractions-relâchements afin de percevoir les sensations de détente, de vivre son corps dans le présent imprégné de ce vécu positif.

Par son identité neurophysiologique, la pratique de la sophrologie engendre des modifications au niveau du système nerveux autonome en libérant des molécules d’endorphine, de sérotonine et de dopamine. En effet, au cours de la séance, le parasympathique s’active, par conséquent les fonctions d’autoréparation sont stimulées, la vasodilatation favorise une meilleure irrigation des organes et des tissus ainsi que l’élimination des toxines. L’organisme entre dans une phase de repos profond et réparateur.

Le ralentissement des ondes cérébrales permet de descendre au niveau alpha où l’état de conscience modifiée stimule les fonctions cognitives et la créativité. Au fil des séances, une meilleure perception de soi, une sensation de mieux-être et de confiance s’installent.

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