La sangsue, une bête très attachante

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Sangsue therapies complementaires
Sangsue therapies complementaires

Les vertus thérapeutiques de la sangsue

Par Chantal Raveau, Docteur en pharmacie 

La thérapie par les sangsues ou hirudothérapie(1) est une pratique médicale ancestrale qui remonte à l’Antiquité. Tombée en désuétude au cours du 20e siècle elle connait de nos jours un regain d’intérêt.

La sangsue est un hématophage qui, des siècles durant, a occupé une place intéressante dans la pratique médicale. Les différents noms qui lui sont donnés définissent son action : sangsue procède du latin sanguisuga , sucer le sang,  hirudo donné par Carl Von Linné, biologiste suédois, a pour sens adhérer. La traduction en allemand de sangsue, Blutegel, est la contraction de sang et petit serpent. En Angleterre, l’hirudothérapie a été associée au mot leech  signifiant anciennement «  médecin » dans un sens positif.

Plus près de nous, au 19° siècle, le Docteur Broussais, médecin au Val de Grâce à Paris avec « sa théorie physiologique » remet à l’honneur les sangsues en parlant de leur action dépurative due au saignement, comparable aux théories modernes de désintoxication très en vogue actuellement dans les pays germaniques.

L’emploi des sangsues sauvages en très grand nombre, la pollution de leur habitat, le prix de revient élevé de leur usage ont entraîné une quasi-disparition de l’hirudothérapie pendant une longue période, excepté en Russie.

La chirurgie réparatrice est à l’origine de la renaissance de cette thérapie. Elle revient en force avec de très significatives améliorations : sangsues d’élevage d’origine certifiée (Hirudo medicilanis verbana) et un protocole d’emploi rigoureux avec un nombre moindre de sangsues . Ce renouveau a ouvert des voies de recherche spécialisées, notamment celles conduites par le professeur Michel Salzet, directeur du laboratoire de neuroimmunologie et neurochimie évolutive des annélides de l’Unité CNRS à l’université de Lille (encart n°1)

Description et mode de vie

La sangsue appartient à la sous-classe de la branche des annélides. Elle possède un corps très élastique de 10 à 20 centimètres de longueur, avec un nombre fixe d’anneaux dès la naissance. Il en existe de très nombreuses variétés. Les espèces sauvages se sont raréfiées. On les trouve encore en Hongrie, en Turquie… La sangsue présente deux ventouses à ses extrémités : l’une à la partie antérieure où est située la bouche munie de petites dents en calcite assurant l’incision en forme de Y sur la peau du patient, l’autre beaucoup plus grosse à la partie postérieure lui permet de se fixer sur un support en son lieu d’habitat. Elle respire par l’épiderme.

L’appareil reproducteur comprend chez un même individu l’organe mâle et l’organe féminin. Il n’existe pas d’autofécondation, deux individus sont nécessaires. La sangsue est fragile et sélective : elle a besoin d’une eau propre (mares, points d’eau, fontaines, fossés…), elle est sensible à la chaleur, à la lumière, au bruit et aux parfums (la peau du patient doit en être exempte).

Elle se nourrit presque exclusivement du sang des mammifères. La durée de son repas est de vingt à quarante minutes avant de se détacher de sa proie, repue. La digestion extrêmement lente de son repas est rendue possible par la présence de symbiotes de type bactérien. Les espèces élevées en laboratoire offrent des garanties bactériologiques et de traçabilité(2). Elles sont nourries de sang de volailles dont on connaît la provenance. Elles peuvent jeûner pendant une très grande période allant jusqu’à 18 mois.

Les pays utilisant encore les sangsues sauvages, en thérapie, mettent à profit cette capacité afin d’éviter la transmission d’infection bactériologique. Aussi après un traitement, sont-elles détruites. Il existe quatre laboratoires importants d’élevage au monde, dont un français situé en Gironde

Effets de la salive de sangsue

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