LE POUVOIR DE GUÉRISON PAR LA COMPASSION

0
553
Senior and young holding hands

Dr. Tsetan Sadutshang, directeur du Delek Hospital à Dharamsala en Inde

Science et compassion

Le terme compassion a été employé dans un sens plutôt vague jusqu’à ce que, récemment, on commence à y prêter davantage attention. Ce mot figure dans le vocabulaire de nombreuses religions(…).

Il y a à peine plus de trente ans, la science et le bouddhisme ont commencé un dialogue organisé par l’institut Mind and Life, aux États-Unis. L’institut Mind and Life fut fondé par un petit groupe de personnes décidées à concrétiser cet intérêt spécifique de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Après trente années de dialogue, certains des résultats les plus importants de ces rencontres se sont traduits par un intérêt authentique et sérieux pour des recherches sur les pratiques contemplatives comme la compassion. Des découvertes telles que la « neuroplasticité » commencent à révéler les bienfaits de la méditation sur la compassion.

Le Dalaï Lama croit fermement que si le bouddhisme doit être pratiqué tel que le Bouddha le souhaitait : on ne doit pas croire ce qu’il dit par pure foi mais on doit rechercher par soi-même et ne croire qu’après avoir été convaincu par sa propre analyse et son propre raisonnement. Le bouddhisme, dit le Dalaï Lama, peut être divisé en trois parties : la philosophie, la science et la religion. La philosophie s’adresse aux érudits, la religion aux croyants et la science au bien de l’humanité, sans que l’on ait nécessairement à être bouddhiste. Dans ce contexte, la compassion entre dans le cadre de ce que nous appelons « la science bouddhiste de l’esprit », et c’est la raison pour laquelle cette science doit faire l’objet d’études approfondies, à la recherche de toutes les preuves scientifiques des bienfaits possibles de la quête du bonheur.

 Le pouvoir de la compassion

Un groupe de médecins demanda un jour au Dalaï Lama comment ils pouvaient améliorer la relation médecin-patient. Il répondit qu’ils devaient faire preuve d’une sollicitude basée sur la confiance. Si nous approchons autrui exactement comme un autre être humain, semblable à nous-mêmes, qui désire le bonheur et non la souffrance, nous amenuisons la distance entre « moi »et « toi » et « eux ». Cela ouvre alors notre porte intérieure, laquelle mène à une ouverture, avec la motivation sincère de ne pas nuire.

Pratiquer la compassion

La question est alors : comment intégrons-nous la compassion à notre pratique quotidienne ? Le processus par lequel nous pouvons commencer à le faire se base sur des travaux dirigés interactifs que j’enseigne aux étudiants en médecine.

Je l’enseigne pour la raison suivante : alors que la science médicale continue à se développer de plus en plus, le progrès est essentiellement dirigé vers une approche centrée sur la maladie plutôt que sur le sujet. En dernière analyse, ce n’est pas seulement la partie malade d’un élément dysfonctionnant, physique ou mental, qui a besoin de correction, mais quelque chose de plus large, de plus holistique et englobant, qui est la personne dans son ensemble, reliée à tous les êtres et à toutes choses autour d’elle.

C’est cette perspective qui a été négligée mais qui est, cependant, si fondamentale, et cela est donc crucial si nous voulons atteindre un état de bien-être plus durable. Avant toute chose, il faut comprendre ce que la compassion signifie, et des sessions interactives aident à trouver une définition claire. De là, nous devons passer à la compréhension des qualités de la compassion, qui sont nombreuses, et c’est un exercice que l’on donne aux étudiants et qui est suivi d’une session interactive. Voici des exemples de ces qualités : la sensation d’être connecté, être proche, la sollicitude, l’attention aimante, le courage, etc. Nous devons également connaître les obstacles et les ennemis de la compassion, autant que ce qui la favorise.

Un changement d’attitude

L’étape suivante permet de passer au changement d’attitude. Parce que l’une des qualités intrinsèques de la compassion est une perspective impartiale, nous visons à éliminer l’attitude qui consiste à considérer un « moi par opposition à un toi », ou un « nous par opposition à un vous ».

La compassion n’est PAS une relation entre un soignant et un blessé, c’est plutôt une relation entre égaux. Nous pouvons le comprendre lorsque nous réalisons que « nous sommes tous dans le même bateau »….

Pour lire la suite achetez le no 8 du magazine ici ou le PDF de cet article ici

NO COMMENTS