Phytothérapie : une arme redoutable contre les maladies

0
749
phytothérapie thérapies complémentaires
phytothérapie thérapies complémentaires

– Plaidoyer pour la phytothérapie, par le dr Franck Gigon

Depuis toujours, les plantes ont accompagné les petits (et grands !) bobos des humains. On les a un peu oubliées avec l’essor de la médecine chimique, et puis redécouvertes quand cette médecine a montré ses limites. Le docteur Franck Gigon leur trouve de nombreuses utilisations, qu’il évoque pour nos lecteurs.

TC – La phytothérapie c’était la médecine de nos ancêtres, mais elle revient en force ces dernières années. Quelle est son rôle aujourd’hui?

Dr. Franck Gigon – La phytothérapie c’est une médecine traditionnelle, c’est la thérapeutique par les plantes médicinales, mais une nouvelle phytothérapie est née depuis maintenant 20 ans. En quoi est-elle moderne? Eh bien, on peut prouver statistiquement les allégations des anciennes traditions par la révélation d’ingrédients actifs, qui ont effectivement une action sur une affection particulière. On englobe aussi l’aromathérapie qui est l’utilisation à visée thérapeutique des huiles essentielles et la gemmothérapie qui est l’utilisation des bourgeons ou des jeunes pousses de plantes.

TC-Est-elle revenue à la mode ?…Les patients ont-ils confiance en elle?

Dr. Franck Gigon – Sous la pression grandissante du public, la phytothérapie retrouve ses lettres de noblesse pour deux raisons essentielles: un peu le ras-le-bol des médicaments avec plusieurs scandales sanitaires à la clé et un essoufflement, il faut l’avouer, de l’industrie pharmaceutique qui peine à trouver des nouveaux médicaments. En plus ces médicaments n’ont pas tous des performances à la hauteur des espérances. Pour certains les médicaments marchent, pour d’autres ne marchent pas et pour la troisième catégorie ne marchent pas avec des effets indésirables à la clé.

Pour toutes ces raisons- là, le public se tourne vers une médecine un peu plus douce – même si la phytothérapie n’est pas toujours douce. Les plantes sont évidemment naturelles, on pense que c’est sans danger mais nous avons beaucoup d’exemples dans la nature de plantes qui sont des poisons. Comme le disait Paracelse c’est la dose qui fait d’elles un poison ou un traitement. Mais en même temps voici l’avantage de la phytothérapie : nous avons pu éliminer, justement, les plantes qui étaient potentiellement toxiques et mettre en valeur des plantes qui confirmaient des allégations traditionnelles, et dans la même famille de chimie nous avons trouvé des plantes permettant de mettre à jour nos connaissances.

TC– Y-a-t-il des connaissances que nos ancêtres possédaient et qui sont complètement perdues ? Y-a-t-il encore la possibilité de récupérer du savoir ?…

Dr. Franck Gigon: On récupère pour une bonne part le savoir-faire de nos ancêtres. Ce qu’il est intéressant de constater c’est l’élimination de très peu de plantes considérées comme toxiques utilisées par les anciens. Il y a une concordance entre les allégations ʺsanté ʺ des traditions populaires et les découvertes au niveau physico-chimique, c’est à dire les principes actifs dans les plantes. Nous arrivons à prouver finalement comment une plante comme la Gaulthérie Couchée, au niveau de l’aromathérapie, a des vertus anti-inflammatoires, parce qu’à l’intérieur elle renferme des dérivés de l’aspirine (acide salicylique).

TC– Y-a-t-il une corrélation entre les plantes d’une certaine région et le peuple qui vit dans cette région ? Une plante chinoise a-t-elle la même efficacité utilisée par un chinois ou par un européen ?

Dr. Franck Gigon: Effectivement, il paraît qu’il y a une certaine corrélation entre les plantes locales et les peuples qui vivent dans la région. En même temps, la phytothérapie moderne nous permet d’utiliser des plantes qui sont produites de l’autre côté de la terre. Par exemple on peut utiliser facilement le curcuma ou le ginseng en ayant des bénéfices ʺsantéʺ évidents. On peut tirer bénéfice des plantes qui poussent dans tous les coins du monde, à condition de pratiquer l’analyse physico-chimique pour les principes actifs.

TC-Quels sont les domaines dans lesquels la phytothérapie marche le mieux ?

Dr. Franck Gigon –La phytothérapie marche quasiment dans tous les domaines. Dans le domaine que j’appellerais ʺla bobologieʺ, les petits maux de la vie quotidienne, par exemple : contre un spasme il est vraiment très inutile et finalement inapproprié de prendre des antispasmodiques médicamenteux alors que si vous faites une infusion de carvi, de cumin ou de fenouil ou bien de graines de carvi, de cumin ou de fenouil vous avez un antispasmodique très puissant en quelques secondes.

Pour les maladies chroniques ou pour les maladies très graves, comme le cancer, la phytothérapie intervient comme une thérapie complémentaire. Une personne qui suit un traitement de chimiothérapie peut utiliser des plantes à visée détoxifiante ou comme soutien hépatique, c’est à dire pour permettre au foie de supporter cette chimiothérapie beaucoup plus facilement : par exemple le chardon-Marie plante qui régénère le foie face à un arsenal médicamenteux agressif.

TC – Pour faire le bilan des maladies les plus répandues, par exemple le diabète, existe-t-il des thérapies par les plantes pour améliorer l’état du patient?

Dr. Gigon Franck – Il y en a beaucoup. Le diabète est aujourd’hui un vrai fléau mondial, surtout le diabète de type 2 appelé le diabète ʺgrasʺ, insulino-résistant. À force de manger trop d’aliments à indice glycémique élevé, c’est à dire trop sucrés, nous sur-sollicitons l’insuline au niveau du pancréas, qui a tendance à devenir plus gros et cet effet nous dispose à devenir diabétique. Les cellules de notre organisme deviennent sourdes au message de l’insuline et nous développons une insulino-résistance qui peut amener au diabète de type 2. Certaines plantes diminuent la résistance à l’insuline, comme les polyphénols du thé, le curcuma, la cannelle et d’excellents résultats apparaissent avec l’absorption régulière de l’huile de nigelle. Tout ce que je viens d’évoquer est basé sur des études scientifiques.

Ces traitements ne se substituent pas aux traitements médicamenteux mais diminuent la dose que vous prenez et surtout peuvent réguler votre taux de sucre sanguin qui ne fera plus de ʺyo-yoʺ. C’est ces fameux ʺyo-yoʺ qui provoquent des problèmes dans la vie de tous les jours pour les diabétiques, puisqu’ils peuvent entraîner des hyperglycémies, avec le risque connu au niveau de la réanimation, et des hypoglycémies réactionnelles susceptibles de donner des malaises, des fatigues, des pulsions alimentaires. Donc il y a des plantes, la plupart des plantes alimentaires médicinales, que nous pouvons utiliser dans la vie de tous les jours et qui complètent l’arsenal thérapeutique conventionnel ; parfois dans certains cas des personnes arrivent à complètement arrêter le traitement médicamenteux traditionnel en suivant un mode de vie adapté.

TC– Les maladies cardio-vasculaires ?…

Dr Franck Gigon – Le champion toute catégorie dans les maladies cardio-vasculaires c’est le curcuma, il y a 5700 publications biomédicales sur le sujet. Quand vous prenez du curcuma tous les jours c’est comme si vous preniez 14 médicaments ! C’est un marché de 1500 milliards de dollars. Le curcuma contient la curcumine qui agit du ʺsol au plafond ʺ, si je puis dire, elle peut être anti-inflammatoire, antidiabétiques, antioxydante, détoxiquant hépatique, protecteur au niveau vasculaire, etc. Tout cela pour vous dire que si vous prenez des doses régulières de curcuma – soit en curcuma frais soit en rhizome (c’est à dire la racine)-dans votre alimentation, en petits copeaux frais ou sous forme de poudre, vous pourrez vous passer de beaucoup de médicaments. Tout cela est publié.

TC– Les maladies auto-immunes ?… Le syndrome de l’intestin perméable ?…

Pour lire la suite achetez le magazine Thétapies Complémentaires ou le PDF de cet article dans notre boutique ViaPraetoria/MediaFactoryParis

NO COMMENTS