NOSTRADAMUS L’ÉPICURIEN

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nostradamus thérapies complémentaires

par Norma Brougiroux

L’écriture de ce texte coïncide avec l’anniversaire de la mort de Nostradamus : 450 ans et toujours aussi populaire ! Peu de personnes ont eu une célébrité aussi longue.

Il est né à Saint Remy de Provence en décembre 1503 et décédé le 2 juillet 1566. L’auteur visionnaire des Centuries, ces fameuses prédictions qui ne cessent encore de nous intriguer, a inspiré des milliers d’ouvrages qui sont toujours d’actualité. Mais laissons les Centuries aux exégètes pour évoquer les autres aspects de la vie de Nostradamus.

Il était d’origine juive, son père Jaume de Nostredame, avait obtenu en 1540 une lettre de naturalisation de François 1er, il est dit « qu’il est natif de la ville d’Avignon, membre dépendant de notre pays de Provence et de ladite ville de Saint Rémy en quelle il a femme et enfant. »

Il a été apothicaire, herboriste et astrologue avant de devenir médecin. À cette époque-là c’était dans l’ordre des choses. De nos jours ce serait inavouable une telle manière de pratiquer ces métiers car la personne se verrait très rapidement interdite d’exercer.

Nostradamus publiait des « almanachs », ils contenaient, entre autres, des pronostics météorologiques issus de l’astrologie

Il n’y a pas beaucoup d’informations sur la première partie de sa vie, il serait allé à Avignon suivre des études, on l’appelait déjà le jeune astrologue. Vers 1520 la faculté d’Avignon ayant fermé ses portes en raison de la peste Nostradamus se serait placé chez un apothicaire pour apprendre le métier.

On retrouve la trace de son inscription en 1529 à la faculté de Médecine de Montpellier. Les archives ont conservé son inscription autographe : « Moi, Michelet de Notre Dame, de la nation de Provence, de la ville de Saint Remy, du diocèse d’Avignon, suis venu à l’Université de Montpellier, dont je jure d’observer les statuts, droits et privilèges présents et à venir. J’en ai payé les droits d’inscription et je choisis Antoine Romier comme patron, le 23 octobre 1529 ».

À trente ans on le retrouve à Agen, marié et père de famille quand une épidémie de peste se déclare, il perd sa femme et ses deux enfants. Son beau-père intente un procès pour restitution de la dote de sa femme. Il quitte alors Agen pour faire un tour de France. À Marseille, à quarante ans, il étudie la peste, puis une autre épidémie survient à Aix pendant laquelle il soigne les malades.

En 1546 on le retrouve dans la ville de Salon, l’année d’après il se marie mais il part tout seul en voyage de noces en Italie pendant un ou deux ans. De retour il achète une maison et a six enfants.

Il installe son bureau, écrit ses almanachs, les fameuses prophéties, mais aussi ce qui nous intéresse dans le présent article, « les singulières recettes pour entretenir la santé du corps ». Il explique comment « faire divers lavements, parfums et senteurs » adaptés au  « blanchiment du visage ».Il installe un laboratoire dans sa maison et se lance dans la recherche de nouvelles formules de vinaigres et confitures. Pratique étonnante pour l’époque, mais seuls les apothicaires connaissent les secrets de fabrication.

Sa démarche peut paraître étonnante mais en publiant son « Traité des fardements et des confitures » il bouleverse l’économie de l’époque. Les femmes vont cuire dans des chaudrons en cuivre des confitures et compotes de fruits en les conservant pour l’hiver. Une révolution !

Le « Traité des fardements et des confitures » est le premier best-seller des livres de recettes et il est encore réédité de nos jours !

La section « confitures » : non seulement il indique comment il faut confire les fruits, mais aussi il propose des recettes pour se régaler et pour améliorer son état de santé :

  • Le gingembre « profite aux hommes qui ne peuvent accomplir le devoir de nature»
  • L’écorce de buglosse « préserve le personnage de venir étique, ou hydropique, et tient le personnage joyeux, allègre, chasse toute mélancolie, rajeunit l’homme, retarde la vieillesse, fait bonne couleur au visage, entretien l’homme en santé, préserve l’homme colérique », rien de moins !
  • Il est probable que Nostradamus se soit inspiré des recettes d’origine arabe concernant les gelées, sorbets, fruits en conserve, confits au sirop, pâtes de coing, roses confites. Même si cela nous semble étrange, elles sont avec le sucre à la base des médicaments importants de la pharmacopée arabo-andalouse. Quand il évoque la confiture de cougourde ou calebasse il signale qu’elle est réfrigérante et de bon goût, idéale pour mitiger la chaleur exubérante du cœur et du foie.

Quelques exemples de recettes :

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