La médecine du sens du docteur Olivier Soulier

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TC- Qu’est-ce que vous appelez ʺmédecine du sensʺ?

Dr. Olivier Soulier – Un être humain ne peut pas vivre sans sens. La perte de sens c’est le commencement de la maladie. J’aime l’exemple de Germaine Tillon, ethnologue, qui a été enfermée dans un camp de concentration et elle disait dans une interview que les gens mourraient parce que pour eux, tout ça n’avait aucun sens et qu’à partir du moment où elle a pu travailler et établir quelle était la dynamique qui devrait exister dans un groupe, les gens arrivaient à mieux survivre. C’était un monde fou, mais elle avait réussi à trouver un sens, un équilibre de fonctionnement entre les gens.

Quel est le sens de ce que vous faites ? Quel sens va prendre votre vie ? Dans beaucoup de maladies il y a un point commun : c’est l’insensé. L’insensé c’est ce qui fait qu’il y a un écart entre vous et vous, entre ce que vous vouliez vraiment et ce que vous faites. Cela n’a pas de sens de faire quelque chose qui n’est pas « vous ». Retrouver le sens de ce qu’on fait c’est une des clés de la guérison, c’est pour cela que je l’ai appelée ʺla médecine du sensʺ. Quel est le sens de ce que je fais ? Quel est le sens de la maladie ? Pourquoi m’arrive-t-il tel signe ? Pourquoi m’arrive-t-il telle maladie ? Retrouver le sens de ce qu’il m’arrive c’est une base fondamentale pour guérir.

TC – Vous avez cité Hahnemann qui disait que la maladie commence à l’instant où on justifie par l’extérieur un malaise intérieur. Comment l’expliquez-vous?

Dr. Olivier Soulier – Il veut dire que nous sommes tous confrontés au fait de voir que notre vie n’est pas exactement ce que nous en voudrions. Il y a, évidemment, des causes extérieures mais il y a un moment où nous sommes les seuls capables d’agir sur les causes extérieures et les seuls capables d’agir sur nous. Dire « Ce n’est pas moi, c’est l’autre, la cause vient de l’extérieur » c’est la porte ouverte à la maladie. Hahnemann dit bien que reprendre le pouvoir sur sa propre existence est fondamental.

TC – Certaines personnes ont certaines maladies, d’autres des maladies complètement différentes, cela vient-il aussi de la manière de vivre notre vie ?

Dr. Olivier Soulier – Oui, absolument. Si vous partez de l’idée que votre équilibre intérieur est parfait, une situation qui va mettre votre corps dans un déséquilibre d’adaptation va se manifester par certain type de maladie. Chaque maladie vient parler d’une souffrance que nous avons et de la solution que trouve notre organisme face à cette souffrance. Chaque maladie est spécifique à la fois de la situation et de la manière dont nous avons réagi. Carl Gustav Jung dit que « la maladie contient l’or véritable qui n’a pu se manifester nulle part ailleurs ». Et il rajoute : « Vous ne guérissez pas de vos maladies, ce sont vos maladies qui vous guériront ». Elles vous guériront de quoi ? De ne pas être vous. « Le symptôme est souvent la partie la plus vraie du patient » disait Jacques Lacan. Quand vous n’êtes plus vous-même vous avez des symptômes et le symptôme, lui, parle de ce qui vous fait mal. Il y a un lien très clair entre ce que vous vivez, ce que vous êtes et le type de maladie que vous allez faire.

TC – La conclusion de ce que vous dites c’est que nous trouvons le début de la guérison en nous-même parce que la perturbation vient de nous-même ?

Dr. Olivier Soulier – Ce n’est pas le début, c’est le début, le milieu et la fin. Evidemment, il y a des aides extérieures qui peuvent être des médicaments, des thérapeutiques mais ça commencera, ça continuera et ça finira à l’intérieur de vous. Tous les gens qui ont guéri des maladies graves le disent : « Je ne suis plus la même personne » ; c’est l’ancienne personne qui est tombée malade, la nouvelle ne l’est plus. Les aides peuvent être extérieures mais la conscience du sens vient de l’intérieur.

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