La technique « bébé kangourou » 

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Blandine de Bellecombe de Saint-Marc bebe kangourou
Blandine de Bellecombe de Saint-Marc bebe kangourou

Témoignage de Blandine de Bellecombe de Saint-Marc

J’avais des grossesses un petit peu compliquées, mais ma grossesse pour Juliette s’était bien passée jusqu’à ce jour de décembre. J’étais en train de faire mon courrier et j’ai eu une rupture brutale de la poche des eaux. J’étais à 5 mois de grossesse. J’avais eu, juste avant, l’examen de dépistage de la trisomie 21, un examen que je n’aurais jamais dû faire car je suis intimement persuadée que l’accident était dû à cela.

Je me suis dit « c’est fini ». J’arrive à l’hôpital où on me dit : ce petit bébé ne va pas pouvoir survivre, il faut vous préparer à le perdre. Je suis restée quelques jours à la clinique et dès le lendemain l’infirmière est venue me chercher avec le chariot pour aller en salle d’accouchement provoquer la naissance. Elle m’a dit que de toute manière le bébé n’était pas viable. Je lui ai dit que je ne ferai pas ça, que mon bébé allait très bien; on avait fait une échographie la veille donc pour le moment je ne voulais pas qu’on intervienne.

Le médecin est arrivé pour me demander « que se passe-t-il ? », je lui ai dit la même chose: mon bébé est très bien dans mon ventre donc je ne veux pas qu’on fasse quoi que ce soit pour le moment; ce petit bébé est vivant, il veut vivre et moi je lui tends la main. Il me dit « vous risquez d’avoir un enfant handicapé et vous devez parler avec votre mari », ce que j’ai fait. On savait que c’était une petite fille, on avait déjà quatre garçons, on s’est dit: « cette petite fille va bien dans mon ventre, son cœur bat normalement, on va essayer de l’aider ».

Ils m’ont envoyée dans d’autres hôpitaux où tout le monde me disait la même chose : c’est une fausse couche, on ne fera rien pour le bébé. J’ai eu la chance d’être acceptée au Centre Européen des prématurés, boulevard Brune, où nous avons commencé tout de suite des piqûres pour faire grandir ses poumons. Au bout de quatre jours j’ai développé une infection fœto-maternelle. Je savais que ce risque existait. Elle a passé 24heures entre la vie et la mort. Ils sont intervenus en urgence sans anesthésie générale parce que j’étais trop faible et j’ai subi une césarienne sous péridurale – intrarachidienne plus précisément. Le chirurgien m’a montré la petite Juliette et il m’a dit : « c’est incroyable, elle ouvre les yeux ! » Elle est née à 5 mois et une semaine.

Donc elle a ouvert les yeux et on s’est regardé dans les yeux, je me souviendrai toujours de ce moment. Elle pesait 500 grammes, elle tenait dans la main de son papa. Les médecins étaient assez étonnés car au départ elle respirait toute seule, mais ils l’ont quand même intubée.

Pendant une semaine j’allais la voir en fauteuil roulant car j’étais trop faible, je ne tenais pas debout, mais dès que j’ai pu le faire j’ai demandé à la tenir dans mes bras. Bien sûr on n’avait pas le droit, on pouvait juste passer la main dans un gant en plastique à l’intérieur de la couveuse et j’ai dit: « ça ce n’est pas possible, je ne pourrais pas survivre sans tenir mon bébé contre moi ». Comme je suis infirmière, ils m’ont fait signer une décharge en me disant qu‘elle risquait une infection. Je voulais m’occuper de mon enfant, donc j’ai demandé de mettre à côté de sa couveuse un transat et avec mon mari nous nous sommes relayés pour coller Juliette contre notre peau. Quand elle était contre nous elle ne faisait jamais de malaise, mais dès qu’on la mettait dans la couveuse elle faisait des crises cardiaques ou respiratoires.

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