HYPNOSE : UNE THÉRAPIE VALIDÉ POUR DES MULTIPLES PATHOLOGIES

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hypnose thérapies complémentaires

par Marcela Feraru

-Revenue dans nos hôpitaux, l’hypnose devient un instrument incontournable dans certains cas désespérés

  • Gestion de la douleur
  • Neurologie : parkinson, épilepsie, sclérose en plaque, autisme…
  • Gestion des troubles anxieux : stress, phobies, l’affirmation de soi, états de panique…
  • Changement des comportements de dépendance – tabagisme, troubles de l’alimentation…
  • Dermatologie, gastroentérologie
  • Troubles de la personnalité, troubles de l’humeur
  • Chirurgie éveillée

 

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Qu’est-ce que l’hypnose ? Nous nous sommes tous posés la question en regardant des spectacles ou des émissions improbables, avec des gens qui tombent raides ou d’autres qui aboient comme des chiens, sans se rappeler 10 minutes après leurs agissements.

Malheureusement, cette vulgarisation d’une science très importante et très utile nous a complètement faussé les idées.

Nous devrions donc peut-être commencer par : qu’est-ce que l’hypnose n’est pas ?

D’abord, l’hypnose ne peut pas être induite sans l’acceptation, la collaboration du sujet. Très important aussi : l’hypnotiseur ne peut pas imposer à quelqu’un de faire ce que lui, en condition normale, ne ferait pas. Le mythe de celui qu’on envoie commettre un crime sous l’emprise de l’hypnose c’est, justement, un mythe.

Alors : qu’est-ce que l’hypnose ?

Voilà ce que nous dit le dictionnaire Larousse :

  • État de conscience particulier, entre la veille et le sommeil, provoqué par la suggestion.
  • Ensemble des techniques permettant de provoquer un état d’hypnose, utilisées notamment au cours de certaines psychothérapies.

Pour faire court: vous êtes en état d’hypnose quand vous vous détachez du monde qui vous entoure sans plonger complètement dans le sommeil et que cela vous permet d’accéder à votre inconscient soit par vous- même (autohypnose) soit avec l’aide d’un thérapeute.

Vous avez tous l’expérience d’un voyage en train, quand vos pensées vous emmènent dans un monde parallèle et que vous réalisez : le temps est passé sans que vous vous en rendiez compte…

L’état hypnotique est précisément ce moment de conscience où les choses sont perçues autrement. Depuis la fin du siècle dernier, cet état a été identifié et caractérisé en imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle et PET-Scan), attestant ainsi de son existence réelle (voir encadré). *

L’état hypnotique étant la reproduction d’un état naturel, tout le monde peut y avoir accès, mais pas forcément de la même façon. Si la plupart des individus répondent bien à des suggestions verbales directes, d’autres auront besoin d’une approche indirecte pour provoquer l’état de conscience modifiée, recherchée.

La pratique thérapeutique de l’hypnose ne suppose aucun ʺdonʺ particulier de la part du thérapeute ou du patient. L’état hypnotique est un mode de fonctionnement psychologique normal, une sorte de ʺveille paradoxaleʺ aisément mobilisable chez pratiquement tous les patients.

Quel est le champ d’action de l’hypnose ? 

Ses applications vont de la médecine de la douleur et de la gestion des troubles anxieux (du stress à la phobie, en passant par les troubles de l’affirmation de soi ou encore les états de panique) jusqu’au changement des comportements de dépendance comme le tabagisme ou les troubles de l’alimentation. Mais d’autres applications sont possibles comme en dermatologie, en gastroentérologie ou bien dans les troubles de la personnalité, troubles de l’humeur, etc. (voir plus loin l’interview du Pr. Tukaev).

« Hypnose d’ici et d’ailleurs »

Le 5e colloque organisé à ce sujet par l’IFPPC et sa directrice, Isabelle Célestin, fin mars, a permis de faire le point sur la pratique de cette technique intégrative hors du commun partout dans le monde et sur ses liens avec les autres pratiques psychocorporelles comme le yoga, la méditation, les techniques de respiration, l’ostéopathie.

Hypnose et neurologie

C’est le Dr Constance Flamand-Rozé qui a présenté un des champs d’application le plus spectaculaire de l’hypnose.

Comme elle l’a fait remarqué depuis le début, la neurologie fait fuir les étudiants en médecine, à tel point que cela porte déjà un nom : « neurophobie ». C’est parce qu’en neurologie, « on soigne mais on ne guérit pas », ou du moins c’est ce qu‘on pense. Les patients sont donc, en général, dirigés vers d’autres thérapies.

L’hypnose est une de ces thérapies complémentaires qui se préoccupe du bien-être du patient, qui devient lui-même acteur de son parcours de soins.

-Hypnose et mouvements anormaux

Pour les pathologies non fonctionnelles : c’est le cas de la maladie de Parkinson, maladie handicapante par les tremblements qui interdisent aux patients les gestes les plus simples. L’utilisation des thérapies complémentaires comme l’hypnose améliore l’équilibre et la fonction motrice, comme pour cette patiente suivie par le docteur Constance Flamand-Rozé qui, après trois séances d’hypnose et l’utilisation de l’autohypnose a obtenu une réduction de 90% des mouvements au repos. On a aussi remarqué la diminution de l’anxiété, de la douleur et l’amélioration de la qualité du sommeil, de la libido et de la qualité de vie. Une image utilisée par la patiente en autohypnose s’est avérée efficace : en anticipant le tremblement, elle imaginait des petites bêtes qui venaient ronger sa main, puis elle s’imaginait utiliser un spray pour les tuer, ce qui empêchait l’apparition du tremblement.

Pour les pathologies fonctionnelles : Une étude de Ricciadi et de ses collaborateurs, en 2014, sur 48 patients séparés en deux groupes, hypnotisés et non hypnotisés, a montré une amélioration clinique objective pour 90% des patients du groupe 1 et seulement pour 25% des patients du groupe de contrôle.

Sclérose en plaque : c’est une maladie qui pose des problèmes de douleur, d’image de soi, de confiance en soi, d’anxiété et de grosse fatigue. L’utilisation de l‘hypnose a induit une amélioration des symptômes pour 41% des patients.

Épilepsie : le problème que pose cette maladie c’est qu’une crise peut apparaître à n’importe quel moment. Impossible, donc, de prévoir, par exemple. La solution est plutôt l’autohypnose ; une amélioration a été observée pour 74% des patients qui ont appris à gérer leur stress grâce à l’autohypnose.

Les tics : la stratégie consiste à agir sur la sensation prémonitoire plutôt que sur le tic lui même. Cette prémonition est décrite par les patients comme une zone d’inconfort ; il ne faut pas chercher à inhiber le mouvement. En parallèle, il faut agir sur les troubles associés: hyperactivité, déficit attentionnel, difficulté scolaire, trouble de la confiance en soi, anxiété. L’implication de l’entourage est aussi très importante.

-Hypnose et chirurgie éveillée

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